Antythese webcomcs101

Publié le 09 mars 2018 | par Antythese

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Webcomics101 – Ma propre aventure

Je pense qu’il est vraiment temps que je vous parle d’un rêve que je chéris, que j’aimerais encore chérir, mais mes rêves semblent toujours virer au cauchemar…

Comme par exemple, je voulais être monteur vidéo de profession. Dans un domaine où les aspirants veulent être réalisateurs, caméraman ou même acteur (je ne niaise pas) en suivant les cours d’Arts & Lettres option cinéma au CÉGEP, on me percevait comme quelqu’un qui n’avait pas sa place, la personne à qui on demandait constamment la moindre information ou la moindre solution pour améliorer ses projets cinématographique ou même la matière elle-même. J’ai même soutenu les cours de Photoshop dans le programme, parce que j’en savais plus que l’enseignant.

#HistoireDeMaVie #ThèmeRécurrent

Comme quoi l’art devient de plus en plus mal perçu, parce que « ça ne garantit pas d’amener de l’argent, donc c’est une perte de temps », je ne me suis pas laissé décourager. Je fais des vidéos sur Youtube pour l’amour de l’art et comme passe-temps plus que pour la gloire et l’éphémère « YouTube Money ». Mais mon parcours « artistique » s’est aussi forgé avec cette histoire : celle où j’ai essayé d’être auteur d’une « webcomic ». Ben oui, toi!

Fraîchement sortie de mes études universitaires, donc vers l’an 2006, j’avais donc plus de temps à consacrer à faire ce que j’aime en attendant que je débloque une carrière quelconque dans mon domaine ou pas.

(Spoiler : PAS! Mais je m’en sors bien quand même…)

Ayant relu la bande dessinée en ligne « Of Mice And Mayhem » (cheapplug!), j’ai lu un internaute qui voulait continuer l’œuvre de Chris Fischer. Pour vous donner un nom, appelons-le… Bob. Il serait l’éditeur en chef du projet en question. Recherche équipe créative qui inclue dessinateur, écrivain, coloriste, etc. Écrivain, ça c’est moi!

Il a été très heureux que j’aille répondu à son annonce, il aime bien mon approche et mon style. « Je paye pas là, mais plus tard peut-être ». Il est Américain, je suis Québécois. Dans ma tête, les transferts d’argent auraient été bien trop compliqués, alors j’ai dit « pas de trouble ». Je lui écris pas un… pas deux… MAIS cinq scripts sur les dix premiers numéros qu’il voulait publier. Il avait des idées, mais ne savait pas comment bien les transmettre. Il avait dit bien aimé mes cinq scénarios, ce qui lui a permis de prendre plus confiance en son propre projet; il voit une direction.

Trouver l’artiste était difficile, mais de dire à ces derniers : « Yo, on a cinq scénarios d’écrits, faque la business va bien! », c’est soudainement plus encourageant. Bob devient le coordonnateur (évidemment!), prend mes scénarios et travaille de proche avec les artistes qu’il trouve. Je dis « les », car il a dû passer à travers trois artistes avant de trouver le bon.

« Hein ? Comment ça ? ».

« Ils trouvent le projet très intéressant et bien monté, mais ils n’étaient pas content avec la proposition monétaire ».

C’est un projet ambitieux qui débute, mais à croire que parce que plusieurs voient Rome construit, on a tendance soudainement oublié que la ville ne s’est pas fait en un jour. Faut que TOUT soit réussi du premier coup. Un projet qui a débuté aujourd’hui devait être terminé hier… bref, les gens et leur mauvaise foi envers le progrès d’un travail bien fait. Je blâme les cadres et les patrons d’entreprises qui jubilent de donner cette sorte de pression sur leurs employés.

Bob ne sera pas si différent. Vous comprenez que le projet prend du retard à cause qu’on ne trouve pas d’artistes stables. Pendant ce temps, on a retravaillé sur les scénarios, parce que…

« Tsé, Foxglove ? J’ai demandé qu’elle soit une « day-tripper » », me rappela Bob.

Moi donc de répondre : « Ouais. Elle est relaxe, zen, en communication avec l’au-delà entre guillemets. Comme dans le matériel source ».

« Ouain, mais elle consume du pot ».

Red flag numéro un. Pardon ? Plait-il ? Nandesute ? WHAT ?

« Disney va t’envoyer une belle lettre, mon gars et le projet tombera à l’eau ».

« Ben non, c’est fan-made, alors c’est correct ».

Mouin… non.

« Je suis contre qu’elle soit une « poteuse », du fait que cela dénature son personnage », défendais-je.

« Mais non, mec, ce sera cool ».

« Ce n’est pas dans mon scénario et ça ne changera pas. Point ».

Dans ses exigences que je trouvais intéressantes d’une certaine façon, il voulait que Dale (Tac) participe dans un Fight Club. Moins intéressant, Chip (Tic) et Gadget (…Gadget!) se chicanent et Chip quitte les Rangers du Risque. Cool, me disais-je. Cela ajoutera la dramatique que les couples, ce n’est pas toujours rose bonbon. Un peu de zone grise ne fait jamais de tort. Il disparaît une semaine, un mois ?

« …pendant trois ans, Chip disparait ». Ah, sacré Bob.

« Ça ne fait aucun sens, Bob »

« Et quand il revient, ce sera full high-tech et les Rangers du Risque n’auraient jamais aussi bien fonctionné ».

« …alors ça sert à quoi qu’il revienne dans ces circonstances ? Chip quitte, son projet va mieux encore. Lui qui est le chef, soit dit en passant. Il serait donc inutile, puisqu’il n’aura pas de rôle pertinent. C’est dévalorisant pour son personnage ».

« Ah, et bien… t’inquiète, ça va marcher ».

…peut-être si « ça » avait des jambes, mais je commence à comprendre pourquoi les artistes ne voulaient pas donner de leur temps. Je soupçonne que ce n’est pas seulement une question d’argent, mais aussi de direction créative. M’enfin.

Résultat, après un an (!) d’attente, on voit quatre pages voir le jour. D’abord les crédits, Bob s’incruste comme co-écrivain. [Insérez quelconque juron] d’éditeur de « power-tripper » de m…

Bon, voyons ça de près. La première page est fidèle à ce que j’ai décrit. Tiens, la deuxième aussi. Qu’avons-nous à la page trois ? Foxglove tient un joint dans ses ailes.

[Insérez un juron quelconque différent, svp.]

Pour raccourcir l’histoire davantage, seulement quatre de ses pages verront le jour… en privée. Car lorsqu’elles sont publiées en ligne, Michel Lasouris surprend Bob avec une belle lettre. Le site internet qui avait la bande dessinée a mentionné ladite lettre et que le projet est en suspens. Croyez-vous que j’avais été averti de la chose ?

howaboutno

Je confronte Bob, parce que je demeure associé à la chose : « Oy, matey. Ça ne te tentait pas de me dire un moment donné que tu as reçu cette lettre dont je t’avais jadis averti ? ».

Ce dernier de me répondre : « J’y arrivais, j’y arrivais, j’te jure ».

« Fait comme un mois, dude ».

Et ce fut la dernière conversation avec Bob. Je n’ai jamais été en contact avec les autres membres de l’équipe créative, parce que Bob insistait pour coordonner le tout. C’est son projet, fine, mais j’estimais (et j’estime encore) que mon bon sens aurait pu sauver les meubles.

Autre « red flag » que j’ai su plus tard, avant la lancée du site web, Bob voulait faire payer les gens pour qu’eux lisent la bande dessinée.

Je prends un respire… j’expire… encore une fois… on répète… je suis bon…

CE N’EST PAS TA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE, IMBÉCILE HEUREUX! CHRIS FISCHER S’EN EST SORTI PARCE QUE C’ÉTAIT GRATUIT ET IL N’Y AVAIT PAS DE DIFFAMATION DE PERSONNAGE! [Insérez le dernier juron de votre choix de cette tribune. Je vous le jure.].

Voulez-vous connaître la meilleure ? Un an (!!) plus tard, un inscrit vient me voir… ME voir. « Excusez-moi de vous déranger, monsieur, mais pourriez-vous me rembourser ? ». Heu, pardon ? « C’est que je n’arrive pas à contacter Bob et votre nom avait un contact et je me disais…». « C’est malheureusement Bob qui a tout ça et qui peut rembourser votre argent. J’ai essayé de garder contact avec lui, mais en vain. Je suis désolé de devoir être la personne à vous dire : vous ne reverrez plus votre argent (on parle de cinq ou dix dollar USD). » Voyant ma sincérité, l’inscrit ne m’était plus revenu et m’avait même remercié d’avoir éclairé sa lanterne. Ça fait toujours plaisir de rendre service.

J’ai tenté ma chance avec d’autres projets et la mauvaise mentalité demeure : ce qu’on ne peut qu’avoir demain, fallait l’avoir hier, même si on fait connaissance aujourd’hui. Au bout de trois tentatives, trois rejets et – ga donc – trois échecs de leurs parts, je compris qu’il valait mieux que je me distance de ces gens qui se croient au-dessus de tout le monde, sans n’avoir fait aucune preuve, ayant encore moins travaillé professionnellement dans le domaine.

L’histoire avec Bob date de onze à douze ans; ça a eu lieu en 2006. Alors que j’écris ces lignes pour vous, chers lectrices et lecteurs bien distingués, je me rends compte que je n’ai pas relancé l’idée de contribuer à un quelconque projet depuis maintenant… dix ans. Fuck.

Oops, un juron. Mais non, je ne m’en excuse pas.

Je suis convaincu que celles et ceux qui se sont essayés dans n’importe quel domaine artistique ont croisé au moins un Bob sur leur chemin (de ce fait, je n’ose pas imaginer le nombre que J.K. Rolling a rencontré dans le sien). Il n’est pas méchant à la base. Juste… il ne sait pas calculer la grandeur de ses ambitions et va encore moins en assumer les conséquences. Encore plus effrayant, certains Bob œuvrent dans le domaine professionnel. Comme quoi, il ne faut pas désespérer si on veut réussir.

Chose certaine, si je finis par partir mon propre projet, je ne serai pas un Bob.


À propos de cet accros

Antythese

Auteur des Antythese Segment et Webcomics101, Antythese est le résultat d'une expérience combinant plusieurs cultures artistiques, faisant de lui ce que vous voyez à chaque épisode. Ayant grandit avec les changements radicaux des années 80 et 90, Antythese espère vous apprendre quelque chose tout en vous divertissant d'un épisode à l'autre ou d'un article à l'autre!!


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