Antythese webcomic101-scurry

Publié le 29 janvier 2017 | par Antythese

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Webcomics101 – Scurry & Cover

Il arrive parfois de trouver des navets dans tout, même dans les webcomics. Entendons-nous, malgré que certains aient des approches et apparences plus professionnelles que d’autres, cela ne les qualifie pas pour autant d’une œuvre de qualité. Malgré ce que voudrait l’illusion que bon art équivaut à bonne œuvre, prenons comme exemple Scurry & Cover et pourquoi ce n’est pas nécessairement vrai…


Maitre Splinter (M. Chu) et Nozomi Sakaki

Cette bande dessinée se veut un manga qui se passe dans notre univers, mais où les animaux anthromorphiques et demi-anthromorphiques interagissent socialement avec les humains. Évidemment, nous comprenons que l’un des thèmes sera la tolérance envers la différence et l’intégration, mais…

Cela met en vedette, au risque de vous choquer, Maître Splinter qui déménage au Japon avec sa petite-fille Nozomi Sakaki, le personnage principal de cette histoire. Elle est une écolière qui pratique les arts martiaux, tout en essayant de s’intégrer dans un Japon qui, même à ce jour, est conservateur et traditionaliste. Nos deux personnages devront donc se soumettre aux normes sociales de leur nouveaux chez-eux, même s’ils viendraient de là… Attends, quoi ?

Vous comprenez donc l’ensemble du problème de base avec Scurry & Cover; on nous présente déjà des non-sens, et ce n’est que le début!

La qualité des dessins est très discutable. Son arrogance puise du fait qu’elle se veut professionnelle et de qualité, alors qu’on s’aperçoit très bien que les traits d’abord très épais au niveau de l’encrage donnent une impression de saleté au même dessin. Ensuite, le style change pour son contraire, soit pour des traits trop fins et des plans dans le cadre pour le moins amateurs et malaisants. À voir ci-dessous, par exemple, je vous jure, cette case en veut à votre âme!!

Pourquoi tu *nous* regardes comme ça ?

Cette erreur sera répétée fréquemment. On dicte souvent comme règle qu’un personnage ne doit pas casser le quatrième mur en fixant le spectateur, sauf à des effets comiques, mais ici, même Deadpool serait gêné! Cela dit, il y a eu un ou deux instants où il y a eu de la couleur dans les dessins et celle-ci a su masquer les erreurs plus que maladroites du dessinateur. C’est tout dire.

La fréquence du webcomic est bizarre et non conventionnelle. Une des joies du médium est de pouvoir lire vite fait les aventures de vos nouveaux héros favoris dans les délais établis par les mises à jour. Hors, dans ce cas-ci, un « numéro » sort à chaque 2 mois et contient 22 pages. On ne parle pas ici de 22 mises à jour, mais bien une seule qui constitue d’une vingtaine de pages! Le pire, c’est que certaines de ces pages s’avèrent être inutiles, car l’action peut arriver à un moment où sa construction n’a aucun suivi, voire nul. Sans construction, l’action n’a pas de valeur. Dans le but de vous faire patienter, on vous présente une petite histoire en format comic strip, avec quatre cases à la verticale. C’est souvent plus intéressant que ladite histoire principale, en plus d’être définitivement et infiniment mieux dessiné. J’accuse, votre honneur, le manque de consistance flagrant et malheureusement trop ignoré pour des principes de vanité de la part de l’auteur!

Regardez-VOUS, bon sang!

La connaissance culturelle de l’auteur vis-à-vis le Japon est authentique. C’est un élément important pour la narration. C’est aussi sans doute la seule qualité que l’on peut trouver à Scurry & Cover. Lorsque la bande dessinée prend un petit interlude pour expliquer des faits divers sur ce pays si fascinant, sous forme des quatre cases mentionnées au paragraphe précédent, on prend plaisir à apprendre. Malheureusement, celles-ci sont trop peu, puisque l’arrogance et l’hypocrisie de l’œuvre prennent beaucoup de place. Tous s’entendent que pour être accepté, il faut aussi faire des compromis. Or, nous allons voir Nozomi faire une tempête dans un verre d’eau lorsque celle-ci sera convoquée au bureau du directeur. La raison : l’accoutrement de sa chemise n’aurait pas été réglementaire; elle a retroussé les manches de sa chemise. Elle tourne la discussion en accusant le directeur (et la société japonaise, du coup) de misogyne et que, comme le client est roi, elle ira s’inscrire à une école différente, une qui sera plus tolérante envers ses convictions à elle.

Tout ça pour une histoire de chemise et parce qu’on n’a pas été conforme à SES exigences. Mon dieu, le scandale! Stoppons les presses! Il faut que la Terre arrête de tourner avant la venue du messie et de l’apocalypse!

… Ou encore, lorsqu’elle va dévaliser un riche jeune homme qui devait l’engager en tant que femme de ménage. L’annonce pour le poste était même claire et nette à ce sujet, alors Nozomi savait dans quoi elle embarquait lorsqu’elle a répondu à cette même annonce. Puisque son pointage, selon son employeur, était à peine au-dessus de la moyenne, non seulement a-t-elle refusé le boulot et eu Maître Splinter lui dire qu’elle était dans l’erreur à propos de la précipitation du refus, mais, je le répète, ELLE DÉVALISE LE JEUNE HOMME POUR LUI APPRENDRE UNE LEÇON. LA LEÇON DE NE PAS LUI AVOIR ATTRIBUÉ LES POINTS QU’ELLE VOULAIT / DE NE PAS LA JUGER COMME ELLE AURAIT VOULU OU TOUT SIMPLEMENT! DE PLUS, CE CHAPITRE SE PASSERAIT DANS UN FUTUR, CE QUI CASSE SANS EXCUSE LA CHRONOLOGIE DE L’HISTOIRE, PARCE QUE MONSIEUR L’ÉCRIVAIN EN AVAIT ENVIE!!

Ah, d’accord, c’est parce que c’est ça… quoi ?

… Je me calme.

Je peux respecter qu’elle ne veuille pas qu’on la voit comme un objet ou un vulgaire morceau de viande. Totalement, même. Mais on ne change pas le monde en demandant et en attendant des compromis sans en faire soi-même!

Vous en conviendrez que Nozomi est superficielle et hypocrite. Une jeune qui apprend de ses erreurs ? Elle amène, voire discrédite, l’expression « la fin justifie les moyens ». L’auteur vous impose son interprétation comme étant la seule et la bonne définition. C’est malheureusement ce genre de chose que l’on présente au lecteur dans sa naïveté infinie pour tous les autres aspects de la narrative. Quand c’est rendu que le chapitre le plus intéressant est celui qui consiste uniquement de textes expliquant l’historique qui a amené les humains et les bêtes humanoïdes à coexister, c’est tout dire… Seulement, C’EST UN WEBCOMIC! PAS UN ROMAN!

Voici comment j’ai connu Scurry & Cover : j’ai vu une publicité sur un autre webcomic et je me suis fait berner. Ne faites pas comme moi, évitez cette mauvaise excuse, point. De toute façon, il y a plusieurs autres plateformes pour en savoir plus sur ce mystérieux pays et cette société qu’est le Japon. Même les fans de « furry » les plus fidèles  se lasseraient assez rapidement de la maladresse narrative et artistique répétée sans cesse dans ce webcomic.

Après tout ce temps, à ce jour, on attend toujours de savoir qui sont, en fait, Scurry ou Cover, parce qu’ils n’apparaissent aucunement dans l’œuvre!

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Scurry & Cover (www.scurry.ink)
Par Chris Williams (écriture) & Jet Kimchera, ensuite Ines Pisonero (dessins)
Tous les lundis
Tranche de vie


À propos de cet accros

Antythese

Auteur des Antythese Segment et Webcomics101, Antythese est le résultat d'une expérience combinant plusieurs cultures artistiques, faisant de lui ce que vous voyez à chaque épisode. Ayant grandit avec les changements radicaux des années 80 et 90, Antythese espère vous apprendre quelque chose tout en vous divertissant d'un épisode à l'autre ou d'un article à l'autre!!


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